Un robot capable de transmettre ses connaissances

Le CNRS a mis au point un logiciel pour permettre aux robots de transmettre leurs connaissances aux humains. Si apprendre aux robots n’est plus un problème, leur permettre de partager leurs acquis l’était encore. Toutefois, la semaine dernière, une équipe de chercheurs de l’Institut cellule souche et cerveau, sous la direction de Peter Ford Dominey, a mis au point un procédé pour donner à un robot NAO la capacité de retransmettre quelque chose qu’il a précédemment appris.

Le processus, baptisé “mémoire autobiographique”, permet au robot d’enseigner des techniques qu’il a apprises à des humains. La mémoire autobiographique concerne, selon le CNRS, “les évènements personnellement vécus, avec leur contexte. Elle permet de dater les souvenirs, de les localiser et de déterminer qui était présent lors de l’événement.” Le projet pourrait être utilisé dans le cadre de la station spatiale internationale, où le robot est le seul membre de l’équipage à faire le lien entre deux équipes, puisque celles-ci sont renouvelées tous les 6 mois. Le robot, le seul membre permanent de la station, deviendrait ainsi le lien pour le partage de connaissances.

Chaque culture se définit par l’ensemble des connaissances et des expériences acquises et partagées d’une société. La transmission culturelle, elle, permet d’assurer la continuité d’une culture en partageant ces expériences et connaissances accumulées avec les nouveaux membres de la société. Afin de permettre à un robot de comprendre le “comportement coopératif nécessaire à la transmission des connaissances”, les chercheurs ont installé une mémoire autobiographique sur un robot NAO. Celui-ci peut apprendre une action par “démonstration physique (en plaçant les membres du robot dans la bonne position), par imitation visuelle (via un système Kinect) ou par commande vocale.” Ces compétences acquises sont ensuite stockées sous la forme de procédures dans la mémoire autobiographique du robot afin qu’il puisse les restituer sans problème.

NAO, le robot assistant réparateur

Afin de tester le système développé, les chercheurs ont imaginé un scénario dans lequel NAO représente le robot de la station spatiale internationale. Pour le scénario, les chercheurs ont utilisé une carte électronique abimée et l’ont réparée en utilisant NAO comme assistant. Le robot suivait les consignes, apportait ou tenait les éléments de la carte durant la réparation. Ayant assisté à la réparation, le robot est capable, si la panne devait se reproduire, de montrer, via un système vidéo, la réparation réalisée à un membre du nouvel équipage. Il pourra de plus répondre à des questions sur la réparation déjà effectuée. De plus, si la panne est différente et ne requiert pas la même réparation, le robot pourra tout de même partager son expérience tout en observant et en enregistrant les tâches différentes à mener à bien pour résoudre ce problème, cela en vu de pouvoir les transmettre à la prochaine équipe.

Selon le CNRS, cette étude montre qu’un tel système est viable et que “de tels robots humanoïdes constituent une solution potentielle pour l’accumulation et le transfert de connaissances.” L’équipe désire à présent tester le robot dans des conditions réelles, c’est-à-dire en gravité zéro. Les chercheurs envisagent également de développer une nouvelle application au robot, celle d’assistant pour personnes âgées, application dans laquelle le robot servirait d’aide-mémoire personnel.

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Source: TheOldReader

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