Amazon SWA : Un service de livraison interne comme relais de croissance

L’information vient du Wall Street Journal qui décrit l’Amazon SWA comme un nouveau service qui devrait voir le jour assez rapidement, dans une phase d’essai, pour effectuer la livraison des colis de la palteforme vers les clients finaux.

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Aujourd’hui Amazon utilise des services tiers pour effectuer ses livraisons : En France on a La Poste, Colis Privé, UPS, Relais colis, Mondial Relais, DPD, Chronopost et une ribambelle d’autres pour les plus connus. Chacun de ces prestataires étant commandé suivant de multiples critères de localisation, de poids des colis et de vitesse de traitement souhaitée. Cette dernière étape n’est donc absolument pas maîtrisée par Amazon. Elle devient surtout une source de dépenses importantes pour la marque. Plusieurs spécialistes de la logistique estiment que certains des envois calculés au forfait coûtent plus qu’ils ne rapportent. Révélant ainsi qu’un gros succès d’Amazon lui ferait perdre de l’argent…

Le réflexe le plus logique pour Amazon semblerait donc de maîtriser cette dépense en transformant un poste coûteux en une branche rémunératrice. Amazon a peut être atteint le point de bascule où l’existence de son propre réseau de distribution serait plus rentable que de passer par des tiers.

Selon le Wall Street Journal, la marque serait en train de construire l’infrastructure nécessaire a un test grandeur nature à Los Angeles. Dans la ville, les utilisateurs du site seraient livrés par Amazon via des chauffeurs maison et non plus des prestataires. Cela veut dire que tous les produits expédiés par la marque seraient gérés de l’entrepôt jusqu’à la porte du client par Amazon. Les marques utilisant le site comme plateforme de vente  pourraient elles-aussi profiter de ce système de distribution.

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Pour que cela soit possible – et rentable – il faut réunir deux éléments importants. D’abord une large base d’utilisateurs ayant opté pour un abonnement forfaitaire qui, contre une somme annuelle, ne fait plus payer les frais de port des commandes. Effet positif pour le distributeur de ce forfait, les gens ont tendance a commander compulsivement jusqu’à plusieurs fois par jour. Un effet encouragé par Amazon avec les systèmes mis en place comme les Dash Buttons. Si le nombre d’abonnés Prime devient trop important, le nombre de livraisons explose alors que le financement de celles-ci reste fixe puisque limité au montant des forfaits. On se doute que ce n’est pas avec des commandes de chips a livrer pour le lendemain sans frais de port qu’Amazon va rentabiliser ce type d’offre.

Amazon Dash

Mais si on fait le détail du coût des livraisons et qu’on le met en perspective d’un service complet dans une infrastructure interne on peut tendre à une maîtrise de ce coût sur la durée. On sait combien va nous coûter le service mensuellement en terme de salaires, de flotte de véhicule et d’immobilier et on peut alors le rentabiliser.

Car le second élément que la mise en place de ce service rend possible, c’est la mise en concurrence des transporteurs actuels : FeDex, UPS et autres. En proposant le service Amazon SWA à l’ensemble des distributeurs de sa plateforme, Amazon gagnerait de l’argent plutôt que de le voir partir chez les transporteurs tiers qui livrent actuellement aux US. Mieux encore, Amazon pourrait tout à fait concurrencer ces marques en proposant ses services à tout le monde. En ouvrant des bureaux, en organisant des ramassages de colis pendant ses tournées ou en installant du mobilier urbain destiné à des collectes et dépôts. Avec ce système l’entreprise bénéficierait à la fois d’une maîtrise de sa dépense de livraison mais pourrait surtout gagner de l’argent en distribuant les colis des autres.

Evidemment la rentabilité d’un tel système ne serait possible qu’en multipliant l’offre à d’autres villes aux US voir à d’autres territoires. Mais la marque a de l’argent et peut tout à fait employer les méthodes – peu reluisantes – de ses concurrents sur ce secteur. C’est à dire embaucher à tour de bras des prestataires de service payés au colis qui se serviront d’une flotte de camions d’Amazon SWA et d’un joli costume pour faire le travail. On imagine que la marque saura les pister au mètre près pour “optimiser” leurs parcours.

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On imagine également que les contrats en place actuellement entre le site marchand et les transporteurs historiques lui permettrait de glisser ses paquets Amazon SWA dans le flux de ses colis traditionnels. En faisant payer le prix “classique” d’un transport UPS ou FeDex et en bénéficiant d’un tarif très préférentiel en tant que gros client. La différence pourrait donc atterrir dans ses poches et le service livrer partout dans le monde. Une manière habile de se lancer en attendant le déploiement de plus de points de distributions dans d’autres villes et pays.

Cette méthode de lancement d’un service secondaire par rapport au fonctionnement de leur site de base n’est pas nouvelle. C’est exactement ce que la marque a fait pour son système de Cloud quand elle en a eu un besoin vital. Amazon AWS est né quand le site a connu une croissance fulgurante puis est devenu un business a part entière quand la marque a commencé a proposer ses serveurs et prestations à des entreprises tierces. Aujourd’hui Amazon est un des géant du Cloud dans le monde ce qui permet non seulement d’assumer ses besoins d’infrastructure web mais également de dégager de confortables marges.

Si Amazon AWS a fonctionné, Amazon SWA pourrait suivre le mouvement.

source: Wall Street Journal.

 

Amazon SWA : Un service de livraison interne comme relais de croissance © MiniMachines.net. 2017

Source: Amazon SWA : Un service de livraison interne comme relais de croissance

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